3e DLM - Le squad Francophone pour Battleground Europe - WWII online 
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Index >  Histoire > III.2 Batailles et combats

La bataille de Hannut

Le corps de cavalerie, au centre de la Belgique, avec ses 8 escadrons SOMUA (13e et 29e Dragons, 2e DLM et 1er et 2e Cuirassiers, 3e DLM) va se porter vers l’est, vers la Meuse, à la rencontre du 16e Panzer corps afin de le retarder cinq jours au minimum.

Les règlements d’emploi des DLM développaient un engagement dans la défensive, infanterie (Dragons portés) se regroupe en point d’appui, les chars se rassemblent en arrière, prêts à contre attaquer entre les points d’appui. C’est ce dispositif qui fut adopté par la 3e DLM laquelle se trouvant à cheval de part et d’autre de la nationale Liège-Bruxelles va subir l’assaut concentré des 3e et 4e Panzer Divisions.

Le 12 mai 1940 enfin d’après-midi, le point d’appui de Hannut est attaqué avec une grande violence par le Groupe blindé Eberach. C’est la première bataille de blindés de la deuxième guerre mondiale.
Le premier choc a lieu dans le village de Crehen en Belgique. Il est défendu par le 4e escadron du 11e Dragons Portés (Cpt Pinta), par les chars Hotchkiss H39 du 3e escadron du 2e Cuirassiers (Cpt de St-Marie Perrin) ainsi que par l’artillerie divisionnaire de la 3e DLM.

En embuscade à Crehen

Vers 6 heures du matin, le IIe groupe du 35e panzeregiment engage le combat alors que les stukas bombardent depuis 4 heures le village en sus de l’artillerie. Au nord du village, sur la route d’Hannut-Wavre, les chars de l’Adjudant-Chef Geneste sont tapis tels des fauves. Un "cycliste belge" avertit l’officier, char n° 41, que des tanks "belges" vont entrer à Crehen et qu’il ne faut pas tirer. La colonne arrive d’Hannut ! Méfiance ! Le MDL-chef Magniant aperçoit avec horreur la croix gammée sur un des chars.
Les 37mm des Hotchkiss H-39 se déchaînent et écrasent cinq panzers. Les autres déboîtent de part et d’autre en avant mais l’action n’est pas décisive.

Les blindés français se mettent à l’abri des nombreuses haies, derrière les maisons, dans les jardins. Ils luttent avec courage. Un panzer allemand parvient à s’infiltrer. Plus tard, on retrouvera l’Adjudant-Chef Geneste mort, les mains encastrées dans le volant de pointage de son arme, la tête reposée sur le canon muet. Quant au MDL chef Magniant, il se traînera mourant hors de son char en flamme. Le S/Lt Constantin retrouvera sa dépouille quelques heures plus tard.

Entre-temps, les mitrailleuses du peloton Gilbert du 1er Dragon français détruisent deux automitrailleuses allemandes qui débouchent de la même route. Et les chars du S/Lt Lotsisky continuent à bousculer l’ennemi. Le violent combat se poursuit dans l’après-midi tant sur Crehen que sur le village voisin de Thisnes.

Encerclement numéraire

Pressés de front par les chars lourds, débordés de flanc par des chars légers, le 11e Dragons et le 2e Cuirassiers se sacrifient sur place. Des deux côtés, les pertes sont lourdes.

Les chars français stoppent l’avance vers Jodoigne, vers Gembloux.

Jusqu’au soir, on se bat aux abords de Crehen, à Ciplet, à la sucrerie d’Avesnes, où les Dragons Portés du 1er Régiment se distinguent. Jusqu’au soir, ils tiennent la Chaussée Brunehaut, entre Ambresin et à la ferme-château de Dieu-le-Garde. A Crehen, onze Hotchkiss sur vingt sont détruits. Leur chef, le Capitaine de Sainte-Marie Perrin, issu d’une vieille famille de combattants, est lui aussi tué dans son char. Aujourd’hui, son corps repose à la nécropole de Chastres.

Une journée de tenue

En avant de Wanzin, le 11e Dragons Portés (Cpt Cavaille) se distingue. Sous la pression ennemie, il se replie en combattant sur Jandrain. Enfin, sur la Méhaigne, la 2e DLM appuie solidement sa droite sur la Meuse et résiste à tous les assauts. En fin de journée, la ligne Tirlemont-Hannut résiste toujours.

Le 35e panzeregiment se replie sans prendre Crehen, que le Cpt Pinta des Dragons abandonne, peu après, avec les survivants des deux escadrons. L’Allemand se met en défensive en attendant l’arrivée de troupes fraîches et surtout du ravitaillement par air de 50 000 litres de benzine.

Fin d’après-midi, le général Hoepner donne l’ordre à la 4e panzerdivision d’effectuer une reconnaissance en force pour tester la position française à l’ouest d’Hannut. Vers 19 heures, le Colonel Eberach démarre avec le premier groupe du 35e panzer et le premier bataillon du 12e Fusiliers. L’avance ne se fait que sur deux kilomètres, sous une pluie d’obus, et se heurtent à Thisnes, à un escadron du 11e Dragons Portés et à un demi-escadron du 2e Cuirassiers. Quelques panzers pénètrent dans Thisnes mais sans l’appui de l’infanterie, ils rebroussent aussi tôt.

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Un S35 du 2e régiment de cuirassiers détruit à Hannut (Belgique) - Photo SHAT.

Contre-attaque française !

Surprise, les chars Somua du Cpt Beaufort contre-attaquent de leur canon de 47 mm supérieur à l’allemand. L’offensive est stoppée. Le véhicule de commandement du Colonel Eberach est en feu ! D’après une source belge, le général Hoeppner aurait été tellement impressionné par la puissance du S35 comparé à celle du H39 (il s’agissait là de la toute première confrontation entre les matériels français et allemands), que dans la nuit du 12 au 13 mai, il fit passer la consigne pour le lendemain à tous ses équipages, de s’engager à fond contre les matériels Hotchkiss, mais d’éviter le combat avec les S35 sauf à très courte portée ou par les PzIV (canon de 75). Ce fut du reste pratiquement à bout portant que furent touchés le lendemain, 13 mai, les Somua qui disparurent. Jusqu’à 1 000 m, le canon de 47 surclassait tous les matériels allemands.

Le 13 mai, en début d’après-midi, l’escadron Somua du 2e Escadron/1er Cuirassier fut lancé en contre attaque contre la position de départ de la 14e PzD. Conscient du pouvoir de ses canons de 47 mm, le capitaine arrêta ses pelotons sur une position de tir reconnue, à 800 m des Allemands agglutinés au long d’une lisière. L’ouverture simultanée du feu des quatre pelotons de S35 fit un massacre parmi les PzII (canon de 20 mm) et III (canon de 37 mm) incapables de riposter efficacement. Le débouché de la 4e Panzer fut contrarié et il fallut une manœuvre d’enveloppement de toute la 3e PzD pour faire tomber la position du 1er Cuirassiers. Et là encore, trois pelotons du 1er escadron parfaitement embossé sur le flanc de l’adversaire, lui détruisirent une bonne cinquantaine de chars, avant de succomber, faute de munitions. Seul un peloton parvint à se replier. Le soir au bivouac, 29 impacts de 20 mm et de 37 mm furent relevés sur le blindage d’un des Somua. Sur les 42 chars du groupe du 1er Cuirassiers, le 13 mai au soir il n’en restait plus que 16, tous couverts d’impacts.

Les combats se poursuivirent après la rupture de la ligne de la Dyle à Gembloux, la 2e DLM. en forêt de Mormal, le 18e Dragons au Quesnoy, le 4e Cuirassiers à Landrecies.

Post Scriptum

Par le Cdt Christian Jamin, du cercle des officiers de réserve de Namur (Belgique).

 
 
   

 

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